Chimères

Baroudeuse dans le désert marocain à mi-temps depuis deux ans, immergée dans la vie locale et dans un paysage minéral, j’explore l’espace saharien à travers la matière dure : la roche et l’altérité.
J’exprime à travers son observation une sédimentation intérieure. J’aborde le phénomène du solide.

Lors de ces longues marches dans le désert à poursuivre un horizon infini, je glane.
Arrivée le soir j’extrais de ma bandoulière, des cailloux, des fragments d’os, des fils de fer abandonnés par les nomades, des racines et végétaux séchés. J’assemble et dessine à partir de ces matériaux simples.

Ainsi j’ai créé la chimère. A partir de fil de fer et de racines.

Cette ébauche de cinquante centimètres de haut est devenue l’axe de mon paysage. Entre chien et loup, je l’ai photographiée filant à travers la lune et le soleil.
Animal hybride et chimérique, éphémère, elle incarne le mouvement à travers le paysage et les éléments.
Elle devient un axe entre la terre et le ciel. Elle manifeste le lien entre les forces chthoniennes et célestes.

Cette forme symbolise les passages : bas//haut, ombre//lumière, plein//vide, microcosme//macrocosme.

Chimère – photographie 2020/ Erg Lihoudi